Bonjour à vous tous,
Depuis bientôt quatre ans, je suis trotirider (pratiquant de trottinette en skatepark). J’aime à progresser dans un sport qui se veut novateur et en plein essor.
Depuis la rentrée scolaire 2005, je suis étudiant en BTS à Nantes et je découvre peu à peu les différents spots de la ville qui permettent la pratique de ce sport. Il était donc immanquable que j’entende parler du fameux Hangar, deuxième plus grand skatepark de France.
Après l’avoir repéré dans Nantes, je m’y suis rendu pour m’inscrire. J’ai alors découvert à mon grand regret que celui-ci n’ouvrait pas ses portes aux trotirider comme moi. Je pensais que cela venait de la direction qui ne souhaitait pas en voir dans le skatepark ; or il m’a été dit que cette décision venait de la direction départementale jeunesse et sport, qui n’avait prévu qu’une utilisation de ces modules pour seulement trois sports : le skate, le roller, et le BMX.
Gros mensonge ou désinformation, il n’empêche que ma première intuition fût la bonne puisque j’ai voulu demander de l’aide à la direction du Hangar, et voici ce que l’on m’a répondu :
Bonjour,
Vous vous méprenez sur la responsabilité de la délégation Jeunesse et sports. C'est l'association des usagers L'Anssix qui a déclaré une activité sportive auprès de jeunesse et sports et qui ne mentionne pas la trottinette dans ces statuts. Par ailleurs la Mairie de Nantes n'intervient pas dans la gestion du skatepark et la réponse de la FAL vous l'avez déjà obtenue : nous n'acceptons pas les trottinettes. Je pense que maintenant ce sujet est clos.
Cordialement, Sylvain Bacle
Directeur du Hangar
Le Hangar se veut être « un espace identitaire consacré aux sports de glisse urbaine et aux cultures qui y sont rattachées » (citation provenant du site web du Hangar). Il faut dès lors laisser s’exprimer en toute liberté un sport de glisse qui a pour seul défaut d’être plus jeune et bien moins médiatisé que ses aînés.
La LRU décide donc d’organiser une pétition en réponse à ce refus. Que vous soyez trotirider ou autre, cette cause vous concerne. Il est possible de signer cette pétition en accédant à la catégorie du même nom.
Découvrez le Hangar en vidéo grâce à Agoride.
Nous attendant à des réflexions négatives à ce sujet, voici une contre argumentation qui, je l’espère, saura vous convaincre :
Un sport trop dangereux ? Avec un jeu de protection, la trottinette n’est pas plus dangereuse que les autres sport de glisse pratiqués au Hangar. Les deux seuls risques venant directement de la trottinette en elle-même sont la plateforme qui peut taper dans les tibias et le guidon pouvant taper dans les genoux. Pour pallier ce problème, une paire de genouillères et de protège tibias suffisent. A partir de là, les risques sont exactement les mêmes qu’avec un skate ou une paire de roller. Je ne parle pas du BMX, que je considère plus dangereux par la présence d’un cadre, souvent la source de nombreuses blessures. A l’identique du skate, la trottinette peut être repoussée par le corps avant une chute, ce qui permet de diminuer considérablement le risque de blessures graves.
Un sport qui n’est pas sérieux ? Quand on parle de trottinette, il est vrai que l’on imagine plus des enfants dessus que des ados ou des adultes. Pour vous convaincre du contraire, je vous encourage à observer ce sport dans la réalité. Pour cela, un petit tour sur le Web vous le permettra. (http://trotirider.nuxit.net/, http://perso.wanadoo.fr/xtremescooter/ ).
De plus, des grandes marques s’orientent actuellement vers la trottinette de skatepark. Décathlon a ainsi développé la S300 et Razor son Pro Modèle, deux trottinettes bien adaptées à la pratique en park. D’autres marques entament des actions de sponsoring envers les pratiquants. Le plus gros d’entre eux est le fabriquant Micro (http://www.micro-xtreme.net/ ) pour la France, Razor pour les Etats Unis.
Un risque d’incitation auprès des plus jeunes, risque sur la sécurité ? Il est indéniable que les sports de glisse entraînent la fascination des plus jeunes qui y voient un moyen de faire des acrobaties diverses. Mais en aucun cas la trottinette est plus incitatrice que le roller ou autres. Comme je l’ai dit précédemment, elle n’est pas plus dangereuse que les autres sports de glisse si le port de protection est respecté.
Un risque de dégradation des modules ? Vous n’êtes pas sans savoir que la trottinette roule avec des roues en gomme, identiques à celles des rollers. De plus la garde au sol d’une trottinette est supérieure à 3,5 centimètres. C’est suffisant pour ne pas qu’elle accroche aux différents modules lors de son passage. Enfin, elle est relativement légère puisque son poids est d’environ 3 kilogrammes, et qu’il est bien répartit sur toutes la surface occupée par la trottinette. Il n’y a ainsi pas de risque qu’une trottinette fasse des trous dans les modules.
Une gène pour les pratiquants d’autres sports ? En quatre ans de ride, j’ai rencontré beaucoup de pratiquants d’autres sports de glisse. Durant les cinq premières minutes après mon arrivée, ils sont tous plutôt étonnés de me voir. Mais après ces cinq premières minutes, ils se rendent vite compte que je réalise les mêmes figures qu’eux, en trottinette. Ainsi, je reçois d’eux de la gratitude et des encouragements qui me pousse à faire découvrir ce sport aux plus grands nombres. De plus, la trottinette est à la croisée du roller, du skate et du BMX. Entre eux, ces trois sports ont souvent un problème de trajectoires différentes causant parfois des mésententes entre les pratiquants. La trottinette, elle, a une trajectoire quelconque et s’adapte parfaitement à la pratique des autres usagers d’un espace tel qu’un skatepark.
Une exclusivité Nantaises ? En acceptant les trottinettes, le Hangar ne serait pas le premier skatepark en France. La quasi-totalité des skateparks municipaux à ciel ouvert, sont accessibles aux trotiriders. Pour une comparaison plus directe, le skatepark Roller Park Avenue (plus grand skatepark d’Europe avec 10000m², situé à Vitry sur Seine en région parisienne) accepte depuis plusieurs années les trottinettes avec une garde au sol d’au moins 3,5 centimètres. Depuis peu, c'est également le skatepark indor de Lyon qui a fait de même.
Le Hangar se veut être un espace identitaire consacré aux sports de glisse urbaine et aux cultures qui y sont rattachées. Il faut laisser s’exprimer en toute liberté un sport de glisse qui a pour seul défaut d’être plus jeune et bien moins médiatisé que ses aînés.